
Ce nouvel outil de démocratie participative est l’aboutissement des techniques du Théâtre de l’Opprimé. Il utilise le Théâtre-Forum et une forme théâtralisée d’assemblée démocratique. L’objectif est double : procurer aux spect-acteurs une vision plus globale des problèmes et en même temps permettre aux citoyens de chercher des consensus pour qu'ils les soumettent aux responsables et aux élus de la démocratie délégative.
À partir de 1992, année de son élection comme député à la Chambre législative de Rio de Janeiro, Augusto Boal commence à travailler sur une nouvelle forme de théâtre, le Théâtre-Législatif, qui a pour but essentiel de développer la démocratie à travers le théâtre. Après avoir cherché pendant de nombreuses années à politiser le théâtre, le voici maintenant engagé sur une nouvelle voie qui lui donne les moyens de théâtraliser le politique.
Augusto Boal voit dans son élection une occasion unique de faire entrer au parlement, pour la première fois de l'histoire politique, une troupe entière de 26 comédiens pour donner la possibilité à ses concitoyens de s'exprimer, d'évoquer leurs souhaits, de faire part de leurs désirs. 14 nouvelles lois furent le fruit de cette expérimentation.
De la même manière que le Théâtre-Forum permet aux spect-acteurs de devenirs protagonistes de l'action dramatique, le Théâtre-Législatif fait du citoyen un législateur.
Une première partie sensibilise le public aux enjeux et à la complexité du problème exposé. Durant l’interactivité du Théâtre-Forum, les spect-acteurs peinent à dénouer la situation mise en scène. Les argumentations, les comportements ne suffisent pas, il y a un manque structurel (loi nouvelle ou application de loi existante, dispositif, aménagement…). Les spect-acteurs sont alors invités à proposer des lois, des applications de lois, des aménagements, des actions, etc. Ces propositions sont triées et analysées par des juristes, des techniciens et des élus, défendues et critiquées par des spect-acteurs puis soumises au vote à main levée. Enfin les propositions adoptées remontent dans les institutions concernées. |